Deux semaines de silence assourdissant
Elle attendait un appel. Un message. Quelque chose. Mais rien n’est venu. Aucun signe.
Pour s’alléger la conscience, elle s’est dit que les médecins avaient sûrement trouvé une autre solution. Un autre donneur. Un traitement alternatif. Elle s’est raccrochée à cette idée pendant plusieurs jours.
Mais au bout de deux semaines, la culpabilité a eu raison d’elle. Elle a décidé de passer à la maison. Juste une visite rapide, se répétait-elle.
Les dessins qui recouvraient les murs
En poussant la porte, elle s’est arrêtée. Incapable d’avancer.
Tous les murs du salon étaient tapissés de dessins au crayon de cire, fixés avec du scotch. Des dizaines. Peut-être des centaines. Tous représentaient la même scène : un homme grand, un petit garçon, et une femme aux cheveux longs. Et au-dessus de chaque dessin, en lettres tremblantes, le même mot.
« Maman. »
Dans certains dessins, le garçon lui tenait la main. Dans d’autres, les trois personnages se tenaient devant une maison baignée de soleil. Sur chacun d’eux, cette femme, c’était elle.
Son mari était derrière elle, épuisé. Il l’a conduite jusqu’à la chambre médicalisée sans dire un mot. Dans le lit, l’enfant semblait si fragile. Et sur la table de nuit, un pot en verre rempli de petites étoiles en papier soigneusement pliées.
Son mari a murmuré.