Communiquer devient un effort immense. Un regard, un geste, une annotation griffonnée à la hâte. Les voix des proches, du personnel soignant, arrivent feutrées, comme filtrées par une épaisse couche de coton. On est là, mais un peu ailleurs en même temps.
Un univers avec ses propres règles
L’hôpital a son propre rythme, et il ne demande pas notre avis. Les mains de l’infirmière qui change la perfusion, les pas assurés du médecin dans le couloir, les visages qui entrent et sortent de la chambre… Tout forme un ballet précis, cadencé par des bips et des bourdonnements.
Fermer les yeux n’y change rien. Ce rythme-là s’infiltre partout, jusque dans la poitrine. Le temps perd son sens habituel. Les aiguilles de la montre tournent, mais les heures, elles, semblent immobiles.
Guérir, c’est aussi retrouver sa propre voix