Chine : le virus des crevettes a été transmis à des humains pour la première fois, déclenchant une infection oculaire grave

Une transmission par contact avec les fruits de mer crus

L’équipe a interrogé les patients sur leurs habitudes. Plus de 71 % manipulaient des animaux aquatiques crus sans gants ou en consommaient régulièrement. Parmi eux, 54 % travaillaient dans l’aquaculture ou l’élevage domestique de crustacés.

La consommation de poisson cru, comme le sashimi, représentait 17 % des cas. Le CMNV pénètre vraisemblablement dans l’organisme par les mains, puis atteint les yeux par contact avec le visage. Ce mode de transmission explique pourquoi les travailleurs du secteur aquacole sont les plus exposés.

Un tiers des patients n’a pas répondu aux anti-inflammatoires et a nécessité une intervention chirurgicale. Un patient a perdu totalement la vue. Les chercheurs ont aussi relevé un sous-groupe de patients urbains sans contact aquatique, ce qui suggère une possible transmission familiale indirecte.

49 espèces aquatiques à travers le monde contractent ce virus

Le CMNV dépasse largement les crevettes. L’équipe a analysé 523 animaux prélevés en Asie, en Amérique, en Europe et en Antarctique, et a détecté le virus dans 49 espèces différentes. Dès lors, son aire de diffusion mondiale dépasse les seules zones d’aquaculture intensive.

Edward Holmes, virologue à l’université de Sydney, souligne la singularité du pathogène. Un virus capable d’infecter des invertébrés, des poissons et des mammifères présente une polyvalence rare. Les chercheurs appellent à renforcer la surveillance mondiale, en particulier dans les pays à forte consommation de fruits de mer. La cuisson complète des crustacés et le port de gants restent les mesures de prévention les plus efficaces.

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